Je est un autre (autoportraits collectifs)

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Résidence-mission Lecture publique / Brétigny pour l’année 2018-2019

Dans le cadre du Contrat local d’éducation artistique (CLEA) avec Cœur d’Essonne Agglomération avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France et l’Académie de Versailles.

 

JE est un autre, Tant pis pour le bois qui se trouve violon. Arthur Rimbaud.

JE est un autre, est un projet pour le réseau des médiathèques de Cœur d’Essonne Agglomération, qui vise à mettre en place un atelier de lectures enregistrées à voix haute, l’atelier lecture(s) de bouche(s), un atelier d’expérimentations sonores à partir de la poésie dans toutes ses diversités : d’Arthur RImbaud à la poésie contemporaine en passant par le Slam, la poésie sonore, en français ou dans d’autres langues maternelles.

L’altérité
Le poème veut aller vers un autre, il a besoin de cet autre, il en a besoin en face de lui. Chaque chose, chaque personne est, pour le poème qui a mis ainsi le cap sur l’Autre, une figure de cet Autre. Paul Ceylan, le Méridien.

Le poète fabrique avec des mots la scène d’une expérience d’altérité.  L’expérience poétique provoque la rencontre, le débat et crée un lien singulier entre les mots et les lecteurs/trices.

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Dans JE est un autre, il est question de lire à plusieurs, de s’enregistrer, d’écrire parfois, d’apporter des textes à partager, de travailler ensemble à construire des autoportraits collectifs avec la poésie.
Il s’agit donc de se laisser surprendre par elle et de s’y laisser prendre.

Des chœurs foncièrement hétérogènes apparaissent, une bibliothèque des paroles enregistrées prend forme.

Cet atelier accueille tout le monde y compris tout ceux pour qui la lecture pourrait être un obstacle.

Atelier lecture(s) de bouche(s) : atelier de lectures enregistrées
Mots-clefs : processus, enregistrements, lectures, partage, poésie(s), joies, voix, chœurs

Il y a une injonction joyeuse de ma part, un rapport très pragmatique avec la langue : on arrive à faire quatre, cinq, six phrases ensemble, avoir un souffle, le souffle de la ligne. On est dans un rapport de navigation. Tu restes au port, puis tu avances. Il y a un effet de liberté. Il s’agit de trouver un autre souffle, un nouveau souffle pour parler cette nouvelle langue commune que l’on cherche. L’atelier est ce chemin vers ce nouveau souffle qui crée une relation subtile entre celui qui lit et celui qui écoute, entre le lire et le vivre.

Les objectifs de l’ateliers
– Approcher la lecture et la poésie au travers de l’oralité.
– Déplacer l’appréhension que génère l’acte de lire en proposant une nouvelle approche par l’action du corps, de la voix, des sens.
– Valoriser les capacités de chacun des participants à s’exprimer en développant un travail physique de la langue dans une approche sensorielle, sonore et ludique qui les amène à apprivoiser leur voix et ce qu’elle transporte.
– Développer la qualité d’écoute chez les participants et leur permettre de s’ouvrir à un travail collectif.
– Les participants sont invités à amener leurs textes en partage.

C’est aussi un lieu d’échange et de savoirs : partager sa langue, le français, mais aussi de dialoguer avec les autres langues maternelles de chacun. Tout au long de l’atelier, il y a cette volonté de faire corps ensemble, faire corps à travers la musique des langues avec les différences de chacun.

J’ai reçu pour mon travail à l’atelier, le Coup de Cœur de l’Académie Charles Cros, 2014, pour le CD audio LUCA BABEL, enregistrements à partir de la poésie de Ghérasim Luca, lus par une cinquantaine de participants.

Les enregistrements sonores
Mots-clefs : expérience, échanger, confrontations, différences, bienveillance,

A trop courir après mes rêves / j’fais des claquages au cœur / Quand j’y crois plus je prends la plume / pour prendre de la hauteur / A trop courir après mes rêves / A trop courir après mes rêves  Gaël Faye

Les lectures sont enregistrées tout le long de la durée de l’atelier.
Un nouveau rapport se crée avec la voix. On réécoute, c’est toujours très difficile de s’entendre. On pointe les difficultés, les rythmes apparaissent, les sonorités se dévoilent. La lecture révèle la tension, l’appréhension. L’enregistrement permet de se réécouter. La personne passe dans une autre dimension de soi.

Les participants utilisent le matériel d’enregistrement à chaque séance de l’atelier. Il s’agit de rendre autonome la prise de son dans l’atelier.

Je propose aussi que ponctuellement, l’atelier puisse se déplacer dans un studio professionnel d’enregistrement et prolonger l’expérience dans un autre contexte. A voir avec le réseau des médiathèques de Cœur d’Essonne Agglomération.

Matériel envisagé  : 2 ou 3 enregistreurs type Zoom, casques. (à fournir)

La bibliothèque des paroles
Les paroles ne sont pas notre bien. Nous veillons sur leur entretien.
Elles assemblent les nuages. Elles empêchent le sol de s’agiter.
Par leur masse, elles pèsent sur tout. Luc Bénazet.

Tous les enregistrements : les lectures dans l’atelier, les discussions composent la bibliothèque des paroles.
Elle se constitue, tout le long de la durée de la résidence, sur la radio internet R22 Tout-monde, où Patrick Fontana a déjà une antenne ou sur tout autre support, pour être mise à la disposition du public.