La bande à venir avec une esquisse

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2003. La bande à venir avec une esquisse, dessins à partir des séminaires de Jacques Rancière et de Giorgio Agamben présentés dans le cadre de l’exposition Changer son matin : de quelques bonheurs possibles, peut-être, Valence, CRAC scène nationale, 9 avril-19 juillet 2003.

J’ai suivi pendant deux ans, 1997 – 1999, deux séminaires :  L’idée esthétique de Jacques Rancière, Qu’est-ce que la philosophie de Giorgio Agamben au Collège de philosophie à Paris. Pendant ces deux séminaires, j’ai pris des notes dessinées au stylo à bille, (832 pour J. Rancière – 181 pour G. Agamben).

J’ai retranscrit ces notes dessinées sur 270 feuilles de 120×80 cm. J’ai invité une trentaine de personnes à voir ce travail, dont J. Rancière. J’ai enregistré chaque visite. A chaque visite j’ai retiré et(ou) déchiré une feuille.
Les feuilles restantes ont été présentées lors de l’exposition Changer son matin…

Pour le séminaire de Jacques Rancière, soit 21 conférences, les notes dessinées sont composées en 21 chapitres, que j’ai nommés « cercles ».

galerie Jacques Rancière (sont présentés les 6 premiers cercles).

galerie Giorgio Agamben

 

Extraits enregistrement Jacques Rancière.

cinquième chant [finalement bon, est-ce que les mots ont une importance]

JR – On va voir, on va voir, attendez, le catafalque, c’est un titre ou c’est ?

PF – Oui, c’était le point de départ.

JR – D’accord, bon, c’est une interprétation quoi, comment dire, c’est une interprétation. Très bien, autrement donc ça, c’était je ne souviens plus parce que, y’avait une espèce d’échelonnement historique, non ? Dans les objets, non ?

Au départ donc, c’était comme si, enfin, pas vraiment, le cours était mis en installation, mais ce que le cours vous évoquait, était mis, bon, était mis en installation, quoi.

Finalement, est-ce que les mots ont une importance dans ce travail ? Effectivement je pourrais dire que je reconnais à peine, si vous voulez, quelque chose qui serait mes cours, d’emblée en quelque sorte, c’est comme si ça faisait déjà parti de votre dispositif à vous, enfin du moins c’est le sentiment que ça me donne.

(note dessinées) – Les choses telles qu’elles peuvent se faire.

– C’est ça qui est effectivement qui est bien etc.. Qu’est-ce que je veux dire ? J’ai peut-être pas à vous interroger, peut-être que c’est pas intéressant pour votre dispositif.

La question, au fond, peut porter un peu sur le potage ou la mozzarella, etc. Est-ce qu’il y a une espèce d’intention, en quelque sorte, au départ du dispositif, d’avoir quelques fois des symboles de la consommation, au milieu ?

De même que de remplacer l’étole par un sac d’emballage, est-ce que bon finalement ce sont des matériaux pour vous indifférents ou est-ce que vous jouez sur le rapport disons du profane et du sacré pour dire vite ? Dans un sens, vous répondez de là, (note dessinées) répudiation répugnation du référent esthétique; effectivement.

(note dessinée) elle ne s’attarde pas.

Ça aussi vous avez rajouté, oui, c’est ça, va et vient un gris foncé des nuages du ciel, ça c’est des mots sensés être prononcés par moi mais qui ont aucun rapport ? Probablement j’ai dû lire un texte parce que je ne vois pas pourquoi j’aurais parlé spécialement de ça.

Ça pourrait être un ballon, non ? Une nacelle.
Une nacelle, un décollement.
– C’est un biscuit. Vous l’avez nommé biscuit parce que ?
– C’est un biscuit géant.

– Les choses de dénominations sont étonnantes. En fait, aussi bien une transformation du potiron par le velouté de potiron, le moniteur. Y’a les spaghetti, je me souviens.

un sac en demi-cercle blanc (avec trois étoiles rouges) trois pages (de petit format collées) :

Sans couilles, page noire, cerises confites, poésie de la vie moderne, traces muettes d’une histoire. Je situe davantage, ça, c’est intéressant, c’est un espèce de sinusoïde, comme ça, où le discours rencontre quelques fois plus ou moins etc., se décolle, se rapproche finalement de ce que vous faîtes, quoi

Spaghetti cuits, ah oui. Avec fleuve de merde. Une cerise confite. Hiéroglyphe de l’impression.

Et au fond, vous mettez ça, vous mettez immédiatement un dessin sur les mots, non ? Que vous preniez des notes, non ? Une logique de correspondances qui n’a rien à voir avec une illustration du cours. Y’a une espèce de construction instantanée, c’est-à-dire, en fait d’emblée, vous avez comme la place pour mettre mes mots, d’une certaine façon, bon alors, avant, c’est-à-dire que concrètement, vous avez des mots, vous n’avez pas les dessins, avant, mais vous avez en tête…

(Rancière) opérateur de démystification –                  (Agamben) le rapport du vivant à son milieu –

Y’a tout un jeu du noir et du blanc, effectivement, moi j’attribuerais à Agamben.

Le velours pelucheux de la pêche. Là, ce qui est drôle aussi, le moment où, c’est un discours spécifique sur la peinture, parce que ça, c’est le texte des Goncourt sur Chardin, comme ça, qui arrive effectivement, sur ces bandes noires.

(Agamben) Echanger de question comment le témoignage est-il possible. Ça c’est Agamben, tout à fait.

(Agamben) Se laisse tomber dans le vide, en quelque sorte, oui, (Rancière) un régime de visibilité, c’est comme si finalement, disons, je représentais un petit peu, je dirais, les icônes de la consommation, sur le fond comme ça, un peu ténébreux, d’Agamben non, d’une certaine façon ?

Les ambiantes matérialités, c’est Gauguin. Là, c’est noir vous l’avez conçu comment ? Vous avez ré-interprétez, disons, les images déjà existantes mais au fond, cette note elle-même, vous l’avez pensée comment au départ ? La danseuse n’est pas une actrice, il y avait une raison particulière pour qu’à un moment donné, finalement, ces arômes ce ketchup comme ça, envahissent l’espace ? Vous allez vers une œuvre, en quelque sorte, qui n’existe que par ses transitions, qui n’existe que par ses passages, au tant dans les déplacements.

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